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machoire de requin

Le temps... Qu’on a à perdre, le 16/02/2013


J'avais du temps à perdre, j'ai oublié tout ce temps.

C’était véritablement du temps égaré, dans des temps très reculés.
Tant mieux, ce temps était inévitablement du temps pourri, enfin quoi, du temps détestable.

Après tout ce temps, ce vrai sale temps, j'aimerais enfin prendre un peu de bon temps. Ça faisait longtemps que le temps était passé, le temps tumultueux, par Jupiter, les foudres du temps odieux !!!

Suite à ce temps éparpillé, je m’en vais cheminer vers un temps innovant et légèrement repassé, aller tout droit, sans détour, vers ce temps linéaire, me dessiner une magnifique ligne de temps.
Somme toute, avoir le temps de saisir le temps qui me reste.

Nonobstant, les temps changent, je m’offre le temps de le dire.
Alors, de temps en temps, je trouve du temps pour le bon vieux temps. J'ai même retrouvé le temps, le temps d’ici et le temps d'ailleurs. Entreprendre de passer son temps à mesurer le temps sans mesure pour pouvoir mieux parcourir le temps et mieux convoler à tous les temps.

Malheureusement, je n’ai plus le temps d'offrir de mon temps, de la disposition de mon temps. C’est alors que j'ai pris ma deux temps, une véritable mécanique à remonter le temps. Je suis parti à la pêche, je rêvais d’être pêcheur des temps. Le temps de partir à la recherche du temps qui vous file entre les doigts comme une anguille sur un cadran.
Au temps où on emporte le vent, au temps des cerises, y avait vraiment plus de saisons.

En cet instant, j'ai le temps de vous le dire, l'ancien temps, c'était un temps de vieux, du long temps à court terme, du court temps à long terme, j’étais perpétuellement dans la moyenne du temps.
 Il fallait savoir donner du temps au temps.
Le temps c'était de l'argent, du temps gras quoi, du temps glissant!

Dans le temps, je me suis perdu dans le temps. Alors, j'ai tué le temps avec le temps qui me restait, c'était devenu mon véritable passe-temps,  j’ai regardé « le temps qui passe » comme cochon en pâture, du temps de cochon.

J’y ai mis le temps pour vous le dire, de mon temps y avait moins de changement de temps, on valsait à trois temps. C'était au temps de ma mère-grand.

Bon, là, la mi-temps est largement dépassée, c'est un temps fort, mais déjà révolu.

Là,  je dois marquer un temps d'arrêt, le temps d'une pause, le temps d'un soupir.

Merci de m'avoir donné le temps de vous faire perdre de votre temps.

Surtout, prenez-le bien, de toute façon, moi, je prends tout le temps de temps en temps.

De quoi pourrions-nous traiter aujourd’hui ? de mes pères et pairs 8/01/2013


A vous pour qui je vouerai un respect éternel : Gao xinjiang , Victor Hugo , Roland Topor, Félicien Rops, Hugo Pratt, Gunter Grass, François Schuiten, William Blake, Léon Spillaert.

Quelle est la nature de la trame qui réunit ces artistes sur les assises de ces quelques lignes? Rien n'est plus élémentaire et évident. C'est le talent, le génie et l'excellence.

J'encense des essences les plus suaves la poésie encrée de Gao xinjiang, quelle poésie! Abstraction qui devient figuration, figures qui deviennent abstraites, l'écriture du dessin, les desseins de l'écriture, le romantisme ambigu et l’imaginaire des dessins de Victor Hugo, la distance , le regard acerbe et l'humour noir de Roland Topor, l'électron libre, l'humour et la l'amour du noir, le poète de l’ exhortation, du texte et du dessin limpide, les gravures et les dessins sulfureux de Félicien Rops le provocateur, le trucideur de grenouilles trop bénites, le saupoudreur de souffre, le chiffonneur de chasuble,  le cabosseur de mitres, avant-gardiste de la pensée inhérente à l’estampe. L'exotisme romantique de Hugo Pratt, souvenir de voyages, de jouvence, mer Noire, mer Jaune, mer Rouge, mes Belges années, mes Belges études et ma belgitude, sensualité, le trait! La schizophrénie exaltée de Léon Spilliaert.
La rigueur graphique et les délires littéraires de Gunter Grass (Pelure d'oignon, Le Turbot ... Chose curieuse (j'y pense au moment d'écrire des quelques lignes), ces dessinateurs avant tout, utilisent tous souvent l'encre noire, l'encre sépia, la monochromie. Leurs œuvres sont fantasques et dramatiques. Schuiten, l’amour du travail bien fait, le dessin sont son métier. William Blake, un géant du dessin, de l’aquarelle, de la gravure un écrivain et poète hors pair rien ne le dépasse sauf lui-même.

 

Tous ont des liens et des connivences évidents à l'écrit, à l’érudition, la littérature, la gravure, la sensibilité extrême et avantageusement non conformiste.

Quoi de plus exceptionnel, de plus dramatique et subtil que le travail graphique de Hugo sur les travailleurs de la mer, sur ses années d'exil à Jersey et Guernesey. Volutes d'éther et vagues tourmentées. Tournoiement d'encre noire et de sépia, contraste d'ombres et de lumières, symphonie créative et lyrique. Vaisseaux aux sillages en équilibre sur les crêtes mugissantes, instantanés de voyages et d'expéditions vers l'au-delà.

Voilà des artistes qui m'ont beaucoup donné, pour héritage.

 


Sur les marchands d’art qui épuisent le portefeuille des artistes en quête de lumière 26/12/2012


Aujourd’hui, les artistes, les vrais ceux que l’on expose pour la qualité de leur œuvre, qu’ils soient attachés à un processus artistique particulier, une qualité technique ou porteur de message, à ceux qui composent la communauté humaine, n’ont aucunement besoin de passer au travers du crible mercantile des nombreux commis voyageurs et représentants du commerce artistique. Pour ces artistes, la certitude morale et loyale qu’ils intègrent à leur œuvre suffit largement à leur insuffler l’air qu’il est indispensable de respirer pour vivre ou tout au moins se sentir vivant. Par contre, certains d’entre nous pourront se contenter de l’air du temps qui s’exprime par beaucoup de vent. Paix à leurs âmes.
Des marchands d’air viciés sont toujours et de plus en plus présents sur la toile internet à l’affût du moindre poisson qui pourrait leur servir de friture. Ensuite, il suffit de presser le citron qui accommode fort bien cette sorte de festin. C’est vous le poisson et c'est vous le citron.
Qui d’entre nous n’a jamais versé des ares pour que des œuvres soient accrochées aux cimaises, livrées au mètre carré, de funestes galeries productrices de vernissage bidon où l’on ne rencontre que ses meilleurs amis et quelques bouteilles de mauvais vin. C’est là le temps des erreurs de notre jeunesse. Heureusement, l’expérience faisant l’alevin grandit et se transforme en carpe qui ne mord pas au moindre appât.
Alors, méfiez vous, de ces marchands qui font démarcher des sbires formés dans de puantes écoles de commerce et tentent de vous faire apposer votre jolie signature au bas de contrats de location de galerie, à New York, Paris, Berlin, Bruxelles …
Ce sont seulement quelques milliers de dollars et d’euros qu’ils s’emploieront à vous faire débourser pour se rémunérer à large coup de pourcentages et d’options.

Au final, vous serez peut-être exposé ou montré dans un sombre garage situé dans un obscur quartier d’une quelconque métropole.

 

Sur les galeries de la métropole lilloise 30/11/2012


Ce dont nous, artistes, sommes assurés c'est qu'intégrer la "GALLERY-CONNECTION" de Lille est un véritable parcours du combattu. C’est mieux chez Carrefour ou Ikea. Le goût artistique français y a trouvé ses limites. En vérité, ses frontières ne dépassent pas le biotope « BCBG » ou évoluent ceux qui aiment tout ce qui brille.
Pour vous en convaincre, prenez votre bâton de pèlerin et parcourez les rues où sont disséminées quelques galeries contenant quelques galeristes mercantiles, plus attirés par le gain que génère ce qui semble appartenir aux dogmes antiques de l’esthétique des valeurs sûres ou de mauvais goût que par les œuvres estampillées et distillées par les qualités émotives de cerveaux d’artistes talentueux qui survivent à l’ombre des lumières.

Aujourd’hui les cimaises des galeries lilloises sont tapissées de ce que l’on trouvera un week-end de septembre bradé au coin d’une rue, à côté d’un terril mithilicole, relief d’un débordement de bivalves englouti par la foule.

L’art transcende plus vers l’objet de décoration suspendu au-dessus d’un canapé de marque (de ceux qu’on trouve dans les appartements cossus nés de la fange et de la cour des Miracles du Vieux-Lille au temps où les gens vrais y vivaient). Pour ces amateurs amateuristes qui vivent dans ces quartiers ou dans des banlieues chics, la quête n’est point difficile, les étals s’emploient à occuper leur rez-de-chaussée. On y vend la panoplie ou le total concept : le fauteuil accompagné de la toile assortie. Une galerie lilloise est aujourd’hui un lieu où l’on côtoie la croûte, la chamotte, la fausse dorure et la bimbeloterie de mauvais goût. Non l’art n’est pas dans ces endroits de débauches colorisés.

Par bonheur, quelques associations camouflées tentent de mettre sur le devant de la scène quelques artistes qui ont des choses à peindre et à dire…

Enfin, préparez-vous à quitter les lumières d’artifices pour gagner l’obscurité. Il vous faudra visiter des ateliers où ces choses sont créées par des artistes qui aiment ce qu’ils fabriquent, descendre des escaliers vermoulus, ne  pas souffrir d’arachnophobie en vue de toiles arachnéennes et autres.

Là-dessous, c’est du sérieux, et vous savez pourquoi. Eux l’art c’est leur métier et ils s’en nourrissent.



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